L’une des caractéristiques occurrentes du roman africain francophone, au plan thématique, c’est la présence du rêve. Cela résulte de l’influence des pratiques tradi-réligieuses ou d’un choix délibéré du romancier. Sous quelles formes se présente le rêve ? Quel rôle joue-t-il dans l’intrigue ? L’analyse s’appuie sur la psychanalytique de Freud et la sociocritique de Duchet. L’étude s’intéresse particulièrement aux romans d’Adamou Idé, La parenthèse du fleuve (2015) et de Massa Makan Diabaté, L’assemblée des djinns (1985). L’article montre, dans un premier temps le caractère occulte du rêve dont l’interprétation requiert une expertise dans les traditions africaines et dans un second temps, le rêve est pris comme un désir, une volonté se présentant sous forme de projet à réaliser.
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Toute production artistique ou littéraire n’est moins le fruit du rêve. À dessein de confirmer la parenté entre le rêve, l’oraliture et la littérature, la présente étude arrimée au conte wê Araignée et Mante et par le truchement de l’ethnolinguistique, de la psychanalyse, et la sociocritique, révèle les empreintes du rêve comme : le mobile de l’émergence du texte, la portraiture des personnages Araignée et Mante, la doublocité, la fiction spatiale et temporelle, l’impossible possible. Au résultat, la conceptualisation de l’onirisme légitime le récit comme un rêve-conseil, un rêve wê qui met en exergue un projet de société fondé sur la société idéale et un idéal de société se résumant en un rêve social.
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Dans l’optique de s’émanciper d’un rationalisme étriqué, les poètes surréalistes ne cessent de se délecter de l’atmosphère onirique. Robert Desnos tient ainsi compte de ce que le rêve est un aspect essentiel dans son ouvrage Corps et bien. Alors, comment le rêve devient-il une stratégie poétique et affective dans l’écriture desnosienne ? À partir de la sémiostylistique et de la psychocritique, cette étude se propose alors de démontrer que le poète surréaliste brise les barrières entre le Conscient et l’Inconscient, et ouvre les portes d’un univers où les émotions émergent et la réalité s’entremêle. De ce fait, une kyrielle d’images énigmatiques justifient que le rêve est une thérapie stimulatrice de l’inspiration à la création poétique.
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Quel rôle joue l’espace dans la construction poétique des rêveries et utopies senghoriennes ? Léopold Sédar Senghor, en effet, poétise des espaces rêvés à travers ses rêveries et utopies littéraires. Dans ses recueils, le poète construit des espaces porteurs d’une forte charge affective, symbolique et identitaire. Ainsi, Joal, dans cette poésie senghorienne, devient le lieu emblématique d’un souvenir sacralisé de l’enfance. La présente étude, qui s’inscrit dans une approche à la fois stylistique et phénoménologique, veut montrer comment, à réception, les rêveries et utopies littéraires senghoriennes participent à la poétisation d’espaces perçus comme oniriques et idéalisés.
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Le rêve anime la production discursive épique ouest-africaine où il devient une ressource qui alimente les agissements de différents protagonistes. La présente réflexion analyse la problématique du rêve dans lequel baigne le discours épique où chaque personnage cherche à triompher de l’autre. Quelles sont donc les différentes formes de manifestation du rêve ? Quelle interprétation peut-on en faire ? Comment se construit discursivement l’affrontement imaginaire entre les différents personnages ? Pour traiter de tous ces questionnements, l’article s’appuie, d’abord, sur l’énonciation dans la théorie d’Emile Benveniste (1974), ensuite, sur l’Interprétation des rêves de Sigmund Freud (2010). La réflexion révèle que le rêve est un moyen de déconstruction de l’adversaire, de construction de soi et de sublimation d’un désir.
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Cette communication explore la tension entre le rêve et la réalité dans l’œuvre de Glissant. À travers une approche stylistique et rhétorique, nous souhaitons mettre en lumière les procédés scripturaires que Glissant utilise pour transcender les limites du réel et s’approprier plutôt qu’évoquer un espace de rêve. L’étude révèle que la métaphore (Molinié, 1999) et la métonymie (Houessou, 2020) notamment sont les deux modalités stylistiques et rhétoriques à partir desquels Glissant réfléchit sur l’identité, la culture et l’histoire des peuples caribéens, façonnant un imaginaire où le rêve devient un moyen d’évasion et de réinvention. Il apparait ainsi que le pays rêvé de Glissant, c’est l’Afrique et que le pays réel, c’est la Martinique. Posture qui fait de Glissant un adepte de la créolité comme prolongement de l’identité africaine.
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